Une fenêtre s'ouvre. De l'intérieur. L'air me caresse le visage et me procure une sensation confuse
.Un détachement froid, comme la lumière du matin sur mon ventre vide. Je parle à ma solitude. Ma jeunesse me sourit.
Une idée s'agite dans mon intellect. Notre rôle dans l'organisation des institutions, dans
l'élaboration des lois et principes de notre pays. Quel mot à mettre dans ce chapitre politique?
Rien. A part le vote qui semble définir la démocratie , rien de rien. Le néant.
En 2009, notre poids dans la vie politique est inexistant. Pour être acteurs ou contestataires, les
moyens d'actions sont éradiqués.
Manifester? Non, tellement démodée quand un gouvernement n'en a que faire de l'avis de la population
et s'enferme dans une tour d'ivoire.
Poser des bombes? Non plus, le sang amène le sang.
Militer? Avec des dirigeants si puissants et leurs réseaux impénétrables, un moyen certes louable et
courageux, mais tant laborieux que peu d'entre nous s'y frottent.
Ce terrible manque de pouvoir de décision et d'action engrange des réactions.
Alors, que reste-t-il? : Débattre à coups de battes,braquer à tout va, caillasser les forces de
l'ordre?
Ces hommes appartenant à l'une des seules institutions encore visible dans nos quartiers et pauvre
interface entre la population et le gouvernement.
La police et ses dérivées , les seuls désormais que l'on croisent, qui nous toisent , et le Père-
Duchèsne et ses envies de guillotine nous reviennent alors en tête.
De cette manière, référence à une France révolutionnaire dont tout le monde se réclame, la
revendication est belle.
Mais les voix aux paroles pleines de fautes,reflétant l'échec de l'école de la république, les font
pourtant tous frissonner.
Echelles de valeurs dans nos pensées étouffées: nous, Français , qui nous plaisons à glorifier des
élites culturelles faisant partie intégrante de la construction de l'image de ce pays.
Ainsi, une révolte dans nos cités est de suite nommée « émeute » par le
gouvernement.
Insurrection populaire, terme XIXème sans doute trop «classieux »pour des jeunes de cités, qui
plus est aux noms sonnants souvent peu Français, n'est pas utilisé. Ni revendication populaire.
Le vocabulaire employé n'est jamais innocent, et comment mieux étouffer un mouvement qu'en le
catégorisant en des termes trompeurs et orientés?
Echelles de valeurs donc, où actions et comportements des élites sociales sont toujours légitimés par
le poids des traditions. Le passé ne leurs sert qu'à cela.
Pourtant, à l'assemblée nationale, en passant par le palais de l'Elysée et ses jardins richement
fleuris, et jusque dans les couloirs luxueux de l'hôtel Matignon, la culture générale n'est plus une valeur. Elle ne symbolise plus rien.
N'en déplaisent aux sciences humaines, et en particulier, à l'Histoire. Oh, elle sert bien de
justificatif à quelques plans d'aménagement du territoire par ci , à quelques réformes boiteuses par là. Mais inutile puisque peu productive dans leurs logiques de spécialisation technique de
tout et de tous.
Oui, la spécificité est reine en France,et en politique. Reine et insignifiante comme une certaine
Italienne.
Et les grandes écoles sont les vulgaires servantes de cet état de fait. Commerce, Communication,
Management,(Journalisme?), tant de disciplines à la mode qui vont fournir leurs effectifs de Gentilshommes Servants et de petits valets.
L'esprit critique y est aussi peu désirable qu'un auvergnat dans les rangs de l'UMP. Et tout aussi
suspect.
Actuellement, en politique, peu importe d'être cultivé. Et finalement peut importe la technique. Tant
qu'il en existe une sur le papier. Docilité et obéissance sont de beaux atouts pour grimper . Célébrité et absence de jugeote, des cartes maitresses.
Ainsi, un expert en art martial Japonais devient député. Un pro de la communication, ministre. Un
maître ès expulsions arbitraires, tout autant. Et un avocat, président. Je n'ai rien contre les avocats. Beaucoup plus contre les imbéciles ambitieux.
Ces quelques lignes ne sont pas le fruit d'une pensée militante active. Non. Mon temps est devenu
précieux dans notre société de performance, je me consacre très peu aux vaines gesticulations du gouvernant.
Elles sont écrites furtivement sur un bord de table, comme est faite la politique à l'égard du citoyen
lambda de ce bougre abominable.
Peace...
Hugo Bandini, billet d'humeur, 26 Octobre 2009